2020 – crise coronavirus – Fiche – Informations de Chine


Avertissement:
Comme je n’ai pas le temps de rédiger, je vais à partir de maintenant dés que nécessaire réaliser des fiches sur différents sujets à propos de la crise du coronavirus.
Ces fiches peuvent évoluer n’importe quand en fonction des mises à jour que je juge utiles

Rappel:
Je ne suis pas médecin, donc l’avis que je vais donné ici n’a rien de conseils ou de diagnostique ou rien qui se rapproche d’un avis médical.

Dans les nouvelles qui arrivent de Chine, il y a un peu de tout (chiffres, vidéos, déclarations officielles, etc.).

Force est de constater que les occidentaux ne sont pas armés pour démêler le blanc, du noir et encore moins du gris. Surtout dans une situation aussi critique ou la peur plonge le cerveau dans le brouillard. J’ai donc pensé nécessaire d’exposer mon point de vue. A vous ensuite de vous faire le votre.
J’ai passé 6 ans Chine (J’y été en 2003 pendant le SRAS), j’y été aussi comme manager d’entreprise. Et j’ai beaucoup aimé vivre et travailler avec les Chinois, j’en parlais la langue mais cela c’est un peu rouillé depuis. J’ai écrit un livre pour mieux faire connaître la mentalité Chinoise, mais il est épuisé et la crise actuelle ne me donne pas le temps de le republier. Et je veux, vu la gravité de la situation donner une information rapide et utile.

Donc les statistiques en Chine.

Ce sujet est très important car si j’ai bien compris les explications médicales, il conditionne les différents taux qui déterminent une épidémie.

Généralement en occident, nous avons été éduqués dans l’idée que les chiffres devaient être objectifs. Nous avons une relation avec les données qui sont objectives. Mon avis est que cela est du à notre histoire très orienté sur la guerre et pour cela nous avons collectivement besoin de données exactes. Après on peut les trafiquer, mentir mais cela se fait en toute (bonne ou mauvaise) conscience et en toute malhonnêteté assumée.

En Chine cela ne se passe pas exactement comme ça. Une partie des statistiques et des chiffres fonctionnent de la même façon que nous, avec son honnêteté et sa malhonnêteté. Et une autre partie a une relation plus sociale avec les chiffres ou les données, en clair l’exactitude des chiffres passent après la conservation des relations sociales.
Les Chinois ont 5000 ans d’histoire, ils en sont fiers, et pour ma part j’ai pu le vérifier. Et ce poids de l’histoire est présent dans leurs relations sociales. Il y a aussi beaucoup de proximité et d’empathie entre les gens qui sont proches. Pour un Chinois, il est important de préserver une harmonie des relations. Or, les chiffres bruts et froids, on le comprend bien, peuvent fonctionner difficilement dans un univers si social.
Vu de l’extérieur, pour certains, la société Chinoise peut paraître froide comme un bloc d’acier communiste, dure comme une armée et insensible comme un monstre impitoyable. C’est tout le contraire.
Les Chinois sont empathiques, souples et très sensibles, leur politesse et leur éducation leur interdit de montrer cela devant des étrangers et en public. Du à notre culture et notre éducation, nous occidentaux avons du mal à comprendre cela. Les Chinois sont un peuple d’Asie et comme Alexandre le grand l’avait déjà remarqué, il y a une différence fondamentale entre Europe et Asie.
Ce n’est pas anecdotique, mais permet de mieux comprendre la situation actuelle.
J’en veux pour preuve les crises du SRAS en 2003, mais aussi la catastrophe du ‘grand bond en avant’ (je vous recommande de lire des choses à ce sujet).

Pour donner une boite à outil de lecture :

- Un responsable Chinois (quelque soit son niveau) n’assène jamais une mauvaise nouvelle: il fait une réponse en plusieurs étapes, par petit morceau, pour ne pas créer un effet de panique ou ne pas heurter son interlocuteur. Donc il y a toujours une gradation dans la découverte de la situation. Comme c’est une façon de faire, il ne faut pas chercher du complotisme, cela peut déstabiliser.

- Dans le même ordre d’esprit, en cas de problème on peut ne pas vous le désigner directement car c’est très mal poli (sauf entre amis ou collègues). Mais le responsable peut s’arranger pour par tout un tas de signes indirects faire comprendre la nature et l’étendu du problème.

- Les données doivent transiter depuis la base vers le sommet. Dans toutes les équipes ou entreprises c’est comme, il en va de même pour un pays. ça Or à tout les étages il peut y avoir par exemple la volonté de ne pas froisser ou contrarier son supérieur. Cela a produit des effets dramatiques dans certaines crises. Les motifs peuvent être variés, ambition mal placée, volonté de garder la face etc.

- Si le sommet prononce un chiffre, il n’y aura peut être pas grand monde qui aura l’audace de dire le contraire ou de donner tord au sommet. Il est difficilement envisageable pour un chinois -en général- de faire perdre la face au pouvoir, parce qu’il sait que c’est mettre en doute son pouvoir. Oubliez de mettre ça sur le dos d’un système ‘communiste’ c’est comme ça depuis des millénaires, les textes le prouvent (voir les trois royaume CaoCao et l’histoire de l’âne ou du cheval).

- Ce qui est si difficile avec les statistiques en Chine, c’est qu’il est difficile d’estimer comment, dans quel but et dans quel sens elles ont été modifiées. Donc le « on nous cache des choses » n’est pas la plupart du temps approprié si on veut avoir une compréhension honnête de la situation.

- Pour éviter tous ces écueils il faut toujours recouper des chiffres avec des données ‘factuelles’ . Par exemple à une époque, on pouvait déduire le PIB de la consommation d’électricité. Si on vous annonce que l’on va construire un hôpital de 1000 lit c’est probablement qu’il y a au moins autant de malades. Alors que les statistiques officielles disent le contraire.

Il faut absolument , par contre, éviter dans le piège de croire que ces comportements sont malhonnêtes ou destinés à vous duper, à vous tromper. La meilleure preuve : seuls les occidentaux qui ont compris cela réussissent en Chine. Ceux qui ne réussissent pas rejetteront toujours la faute sur les Chinois. Alors que ce sont eux qui n’ont pas compris le fonctionnement de leur société. On apprend bien les langues étrangères, il y a aussi les habitudes à apprendre quand on vit en pays étranger.

C’est la raison pour laquelle le travail avec la Chine de la part des pouvoir publics demande beaucoup de travail et d’analyse et de clairvoyance. Et j’imagine très bien que c’est ce qu’ils font avant toute prise de décision, pour ne pas passer à coté de quelque chose de très grave.

FacebookDiggFriendFeedLinkedInMySpacePingTwitterYahoo BuzzShare
This entry was posted in Non classé. Bookmark the permalink.

Comments are closed.